Bates Motel

Saison 1- 10 épisodes

3 coeurs


Je ne connais l'univers d'Alfred Hitchcock qu'à travers les titres de ses films les plus populaires tels que Les Oiseaux, Psychose ou La mort aux trousses et ça faisait très longtemps que j'étais curieuse d'en apprendre un peu plus sur l'un des piliers du cinéma. C'est donc avec grand intérêt que je me suis penchée sur Bates Motel qui traite de la jeunesse de Norman Bates, le psychopathe de Psychose. Je n'en attendais pas grand chose à vrai dire vu le peu de moyen qui avait été investi dans sa promotion et finalement ce fut une belle surprise. Pas vraiment palpitante ou feuilletonante, c'est une série néanmoins fascinante qui met l'accent sur cette relation si particulière qui unit Norman à sa mère Norma et c'est là que réside tout l'intérêt du show selon moi. 

Norman et Norma

La relation qui unit Norma et Norman m'a d'abord énormément surprise et rebutté tant elle flirte constamment avec les limites de la relation incestueuse et frôle par moment même la folie pure. Norma exerce un contrôle quasi total sur la vie, les fréquentations et les hobbies de son fils Norman qu'elle cherche à toujours garder proche d'elle de manière presque maladive. Bien évidemment, elle ne voit pas d'un très bon oeil que son fils cherche à s'acoquiner avec la première jolie fille venue et reste toujours méfiante et protectrice. Ce n'est pas étonnant de la voir encourager le béguin pour Norman de la frêle et inoffensive Emma face à la si jolie et populaire Bradley tant tout les oppose et tant l'une représente plus une menace que l'autre pour Norma. Au fur et à mesure que la saison progresse, il a été très intéressant de voir Norman chercher à s'affirmer face à cette mère si envahissante et lui tenir tête fermement quitte à fuguer ou verser dans la délinquance mineure. Seulement voila, cette possessivité va dans les deux sens et il est d'autant plus intéressant et dérangeant de voir Norman placer régulièrement sa mère au centre de ses intérêts un peu comme s'il était amoureux d'elle quelque part. Cette relation si complexe prend alors volontiers une teinte oedipienne tant il est capable du pire pour la protéger de tous les maux et, si on en a déjà beaucoup vu au cours de cette première saison, j'aimerais qu'on aille encore plus loin l'année prochaine dans l'exploration de cett relation ambigüe, complexe mais au fond gorgée d'amour qui unit ces deux personnages.

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Hallucinations, démence et autre maux

En commencant le show, je m'attendais, à juste titre, à ce qu'il retrace méticuleusement le cheminement qui aurait mené Norman à la folie pure et aux atrocités commises dans Psychose et je n'ai pas été déçue de ce côté-là! Pour nous, spectateurs, sa relation tumultueuse avec Bradley a été un élément clé du basculement du personnage qui passe peu à peu de l'adolescent un peu bizarre mais inoffensif au jeune homme inquiétant et perturbé. J'aime que ce changement ne soit que progressif et que ces accès de violences ne soient qu'épisodiques permettant donc de paver le chemin pour la suite des évènements. Je ne pense pas qu'un évènement particulier fasse basculer totalement Norman dans la folie mais plutôt une succession d'évènements traumatisants et troublants pour lui ce qui est bien plus intéressant. Le voir caresser l'espoir d'une relation amoureuse avec une jolie fille qui n'a fait que l'utiliser est assez triste et commun finalement mais pourrait avoir de graves conséquences à l'avenir, comme un effet papillon je pense. A mon avis, cette relation fusionnelle avec sa mère sera à l'origine de relations tourmentées et compliquées avec les femmes à l'avenir et pourrait le pousser à commettre l'irréparable, à l'image du cliffhanger du finale par exemple. J'ai par contre été agréablement surprise de voir Norma verser dans la paranoïa tout au long de la saison. Au fil des épisodes, on se prend aisément d'affection pour cette femme à qui la vie n'a pas souri et qui cherche avant tout un sentiment de contrôle et de pouvoir sur sa vie et ceux qui l'entourent. Acheter un motel dans une charmante petite ville était pour elle le début d'une nouvelle vie qu'elle ne laisserait rien ni personne gâcher pour elle. C'est un personnage d'une très grande force de caractère qui cherche avant tout à outrepasser les épreuves qui se présentent à elle, et Dieu sait s'il y en a eu! Vera Farmiga a fait un excellent travail d'interprétation sur cette première saison et est passé avec brio de la maman aimante et dévouée à la folle paranoïaque et suspicieuse de tous, chapeau bas!

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Et le reste?

Je regrette néanmoins que la relation entre Norman et Norma prenne autant de place dans le show, bien que cela soit justifié. Les autres personnages gravitent autour d'eux et on peine à se prendre d'affection pour eux ou leurs tourments. Toute l'intrigue autour du traffic de drogue n'était, je pense, pas nécessaire même si elle a induit des ramifications intéressantes. Ca ne colle pas vraiment avec l'univers du show et fait un peu tâche dans l'ensemble. Bradley et Emma ont quant à elles du potentiel bien trop peu exploité pour le moment et sont malheureusement réduites aux "amoureuses" de Norman, c'est bien dommage. Il est difficile d'avoir un avis sur Dylan, qui reste pour le moment assez mystérieux, mais j'aimerais bien que l'on en apprenne un peu plus sur sa relation tumultueuse avec Norma. Pourquoi n'est-elle pas proche de ses deux fils de la même façon? Je terminerai en disant que c'est un show qui vaut vraiment le détour malgré une narration assez lente et des scénarios parfois bancales. J'en ai entendu certains pester comme quoi l'univers de Hitchcock n'avait pas été respecté à la lettre et, pour ma part, je trouve que c'est une bonne chose d'avoir adapté cette histoire à notre époque, j'en ai un peu marre de cette mode des séries d'époque. L'esprit des années 60 est néanmoins maintenu par le biais des costumes, de la bande son et même des décors tant et si bien que ça me choque parfois de voir les ados pianoter sur leur iPhone! Je trouve que c'est un bon compromis et j'attends avec impatience la saison 2!


-oO° Music °Oo-

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