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The Newsroom

Saison 2- 9 épisodes

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"I call myself a Republican because I am one. I believe in market solutions and I believe in common sense reality and the necessity to defend ourselves against the dangerous world and that's about it. Problem is now I have to be homophobic. I have to count the number of times people go to church. I have to deny facts and think scientific research is a long con. [...] But most of all the new requirement, really the only requirement, is that I have to hate Democrats  - Will


Je suis toujours aussi passionnée et fascinée par cette série qui se démarque tant par sa cible, ses personnages et ses storylines toujours plus réalistes et intéressantes les unes que les autres. Je ne m'ennuie jamais durant les 50 minutes d'un épisode et l'apparition d'une intrigue fil rouge cette année racontée ante-chronologiquement a été la cerise sur le gâteau! 

Operation Genoa

Cette fameuse intrigue fil rouge tourne autour d'une histoire présentée au 20h de Will expliquant que les Etats-Unis avaient utilisés des armes chimiques au cours d'une opération d'extraction au Pakistan tuant par la même occasion des dizaines de civils. Impossible de ne pas penser à ce qui se passe actuellement en Syrie quand on entend une telle storyline et c'est amusant et assez étonnant de voir à quel point cette fiction écrite il y a des mois résonne ainsi avec l'actualité. Encore une fois, on a été plongé au coeur du processus de mise en place d'une enquête journalistique alors que la vérification des sources, la recherche des témoins fiables et les différentes interviews avec de hauts responsables militaires américains ont pris place sur une dizaine de mois. J'imagine bien évidemment que la tout est romancé et amplifié pour les besoins de la télévision mais j'adore être plongé au coeur de ce processus qui m'est totalement inconnu et que je trouve partculièrement fascinant. Au fur et à mesure que l'enquête avance, de plus en plus d'employés de la newroom sont mis au courant de l'affaire afin d'éviter une quelconque subjectivité lors du traitement des preuves et des faits exposés. Et malgré ce long processus et la minutie employée pour traiter ce sujet sensible, une grave erreur est commise. L'histoire présentée au journal de 20h est en fait totalement fausse et occasionne, bien évidemment, des poursuites en justice pour la chaîne. C'est alors que le processus d'apparence infaillible révèle ses failles et ses défauts et occasionne d'importantes conséquences pour toute l'équipe. J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire qui a su me garder en haleine tout au long de la saison alors qu'on sait dès le départ que Genoa est une bourde monumentale sans vraiment savoir pourquoi. On apprend tout au long de la saison les différents évènements qui ont mené nos personnages dans cette situation délicate et, bien que ce soit un mode de narration pas vraiment original, ça reste incroyablement efficace, chapeau!

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Du côté des personnages

L'autre force du show réside, bien évidemment, dans ses personnages hauts en couleurs et écrits avec une plume très juste et pleine de tendresse. Je me suis beaucoup attachée à ces personnages au fil du temps, tant et si bien que j'adore les accompagner, semaine après semaine, face aux problématiques des plus épineuses aux plus comiques. Les nombreuses ellipses scénaristiques dans le temps ne font que renforcer cette impression alors qu'elles permettent aux histoires d'évoluer rapidement sans entrer dans la facilité grotesque. La relation compliquée entre Will et Mac est certainement la plus fascinante pour le moment malgré le fait qu'elle m'ait déçue d'ici la fin de la saison. J'aime beaucoup leur tango incessant maintenant bien établi et confirmé depuis la première saison. Ils ont un passé commun et doivent composer avec leurs sentiments respectifs chaque jour alors qu'ils travaillent côte à côte. Leur relation est complexe, pleine d'énergie mais aussi pleine de rancoeur et de non-dits. Les voir enfin mettre les choses à plat était un véritable soulagement pour moi mais j'aurais aimé que l'issue ne soit pas aussi radicale. On passe de rien à tout en l'espace de quelques minutes et malheureusement, la crédibilité en prend un coup, c'est dommage. Ma petite préférence va à la si séduisante et déroutante Sloane qui nous offre toujours de beaux moments de télévision entre l'émotion et la comédie. Ses répliqes sont parmi les mieux écrites du show, avec celles de Will, et c'est un réel plaisir pour moi de voir Olivia Munn illuminer chaque scène de sa présence. Son histoire de sex tape nous aura vraiment permis d'en apprendre un peu plus sur cette femme en apparence forte et assez froide et sa manière de gérer la situation était juste jouissive. J'ai un peu plus de mal lorsqu'il s'agit d'une possible histoire d'amour avec Don mais, même si je suis sceptique, je reste persuadée qu'elle nous apportera de nombreuses situations très intéressantes. Celle qui aura très certainement le plus morflée cette année est incontestablement Maggie qui s'est retrouvée confrontée à une très dure réalité de ce monde, bien loin de son petit confort de jeune new yorkaise. Après le fiasco du déballage de ses sentiments face à un bus de Sex & the city transportant malencontreusement Jim, les répercussions ne furent que plus difficiles à supporter pour elle. Quelqu'un a eu la bonne idée de filmer la scène et la diffuser sur Youtube permettant à Lisa et Don de visionner la scène. Et pour éviter les rencontres embarassantes au coin de la machine à café chacun fuit à sa manière et quitte temporairement son travail. D'un côté j'ai adoré suivre Jim et ses galères tout au long de la campagne de Mitt Romney qui, au passage, m'a permis d'en apprendre un peu plus sur le personnage et la façon dont une campagne présidentielle est couverte médiatiquement, et d'un autre côté, je regrette que le voyage en Afrique de Maggie ait été raconté aussi rapidement, surtout quand on connaît les répercussions psychologiques de ce voyage sur la frêle assistante. Je regrette aussi que Neil n'ait pas eu un peu plus d'importance cette année malgré son intérêt vivement moqué pour une petite manifestation de jeunes idéalistes devenue le fameux mouvement Occupy Wall Street. Il reste l'homme à tout faire de la newsroom vers qui on se tourne dès qu'on a le moindre problème sans véritablement avoir d'importance. Enfin, je trouve dommage que la Sorority Girl, qui avait provoqué le laïus vivement critiqué de Will où il démontre méthodiquement pourquoi les USA ne sont pas la plus grande nation du monde, n'ait finalement été qu'une figurante. Très peu de répliques, très peu de considération de ses collègues, c'est à se demander quel était l'intérêt de la mettre au coeur du cliffhanger de la saison dernière! Vivement la suite!!

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